Quelle est la différence entre un SSI de catégorie A et un SSI de catégorie B ?
Un SSI catégorie A est le plus sévère des cinq : c’est le seul qui impose une détection automatique d’incendie sur l’ensemble des zones surveillées. La catégorie B repose sur des déclencheurs manuels, sans détection automatique généralisée. Le règlement de sécurité classe les SSI en cinq catégories, de A à E, par ordre de sévérité décroissante, et c’est le type d’établissement qui détermine celle qui s’impose. Pour une entreprise qui installe ou maintient des SSI, la catégorie A est aussi celle qui exige les techniciens les plus difficiles à recruter. Ce guide explique ce que dit exactement le texte, pourquoi le coordinateur SSI n’a aucun diplôme officiel, et ce qu’il faut vérifier sur un CV de technicien.
Ce qu’un employeur doit savoir d’un SSI
L’article MS 53 de l’arrêté du 25 juin 1980 le définit comme l’ensemble des matériels qui collectent les informations liées à la seule sécurité incendie, les traitent, et déclenchent la mise en sécurité de l’établissement.
Le texte énumère cinq fonctions de mise en sécurité : le compartimentage, l’évacuation des personnes (diffusion du signal et gestion des issues), le désenfumage, l’extinction automatique et la mise à l’arrêt de certaines installations techniques.
Deux sous-ensembles composent un SSI : le SDI, système de détection incendie, qui repère et signale le départ de feu, et le SMSI, système de mise en sécurité incendie, qui exécute les scénarios. Le CMSI, centralisateur de mise en sécurité incendie, est l’organe central du SMSI. Ces trois sigles sont ceux qu’un candidat doit manier sans hésiter en entretien : leur confusion est le premier signal qu’un profil s’est autodéclaré sur un CV.
Vous recrutez des techniciens SSI ou un coordinateur ?
Nous vérifions les catégories de SSI réellement pratiquées et les habilitations de chaque candidat avant de vous le présenter.
Les cinq catégories de SSI, de A à E
MS 53 est explicite : les SSI « sont classés en cinq catégories par ordre de sévérité décroissante, appelées A, B, C, D et E ». Le règlement pose le classement et renvoie aux normes en vigueur pour la composition détaillée de chaque catégorie, publiées par l’AFNOR sous les indices NF S 61-931 et suivants. Cette échelle est la grille de lecture la plus utile pour un employeur : elle dit, mieux qu’un intitulé de poste, ce qu’un salarié a réellement pratiqué.
| Catégorie | Ce qui la caractérise | Équipement d’alarme associé |
|---|---|---|
| A | La plus complète : SDI avec détection automatique et déclencheurs manuels, associé à un SMSI piloté par un CMSI | Type 1 |
| B | SMSI piloté par un CMSI, sans détection automatique généralisée : l’alerte part des déclencheurs manuels | Type 2a ou 2b |
| C, D, E | Mise en sécurité progressivement simplifiée, jusqu’à des dispositifs de commande locaux | Type 2b, 3 puis 4 |
Le point qui compte pour un dirigeant est écrit noir sur blanc : « Les dispositions particulières à chaque type d’établissement précisent, le cas échéant, la catégorie du système de sécurité exigé. » Autrement dit, la catégorie ne se choisit pas, elle découle du type et de la catégorie de l’ERP. Pour l’entreprise qui recrute, la conséquence est concrète : un technicien qui a passé sa carrière sur des catégories D et E n’a jamais vu fonctionner un CMSI, et il ne sera pas opérationnel sur vos chantiers d’ERP.
Quatre types d’équipement d’alarme, pas cinq
C’est l’erreur la plus répandue sur le sujet, y compris chez des installateurs. L’article MS 62 énonce que la norme « classe les équipements d’alarme en quatre types par ordre de sécurité décroissante, appelés 1, 2 a ou 2 b, 3 et 4 ». Le type 2 se décline en 2a et 2b, ce qui fait cinq appellations mais quatre types.
Deux précisions du même article servent tous les jours sur le terrain :
- Seuls les types 1, 2a et 2b comportent une temporisation. Si un exploitant veut temporiser alors que les dispositions particulières prévoient un type 3 ou 4, il faut installer un type 2a ou 2b au minimum, avec toutes les contraintes associées.
- Un équipement de type 4 peut être n’importe quel dispositif sonore autonome : cloche, sifflet, trompe, bloc autonome d’alarme sonore de type Sa relié à un interrupteur.
Un candidat qui annonce « cinq types d’alarme » en entretien récite un article de blog, pas le règlement. C’est le test le plus rapide dont dispose un employeur pour distinguer un technicien formé d’un profil autodéclaré.
Ce que ça change quand vous recrutez
La compétence SSI ne se lit pas sur un intitulé de poste. Quatre vérifications utiles.
- Demandez sur quelles catégories le candidat est intervenu. Un technicien de maintenance SSI habitué aux catégories A et B sait lire un tableau de corrélation et conduire des essais de mise en sécurité. Sur du D ou du E, le métier se limite à des vérifications simples.
- Faites-le parler du CMSI. Savoir déclencher un scénario, tracer un défaut de ligne, reprendre un zonage : c’est là que se voit l’expérience réelle, bien plus que sur les marques de matériel.
- Vérifiez le rapport aux essais et aux documents. Le dossier d’identité du SSI, les procès-verbaux de réception, les comptes rendus de vérification périodique : un candidat qui n’en a jamais produit sera lent à intégrer une organisation auditée.
- Ne cherchez pas un diplôme de coordinateur SSI, il n’existe pas. C’est le point développé ci-dessous, et il économise beaucoup de temps de sourcing.
Chez One Tilt, ces points sont contrôlés avant présentation, comme pour la certification APSAD et l’habilitation électrique.
Recruter un coordinateur SSI : un métier sans diplôme officiel
La mission de coordination SSI structure les chantiers de catégorie A et B : analyse des risques, zonage, tableau de corrélation, suivi des installateurs, essais réels, rédaction du dossier d’identité du SSI et assistance à la réception devant la commission de sécurité.
Trois faits que la plupart des employeurs ignorent :
- Le règlement de sécurité ne nomme jamais le coordinateur SSI. Les articles MS 53 à MS 69 ne contiennent pas le mot. La mission relève des normes et de la pratique, pas du texte réglementaire.
- Il n’existe aucune certification RNCP active pour ce métier. La fiche « Coordonnateur des systèmes de sécurité incendie » (RNCP30383) est inactive au répertoire national. Les fiches actives au libellé voisin concernent autre chose : la RNCP41503 est une certification de la Marine nationale, la RS5774 vise le coordonnateur SPS des chantiers, qui n’a rien à voir.
- La mission peut en revanche être certifiée côté entreprise. Le CNPP délivre une certification APSAD de coordination SSI, et seuls 16 établissements la détiennent en France au 2 septembre 2026.
La conséquence pour une embauche est directe : aucun filtre par diplôme n’est possible. Il faut évaluer sur les réalisations, en demandant des chantiers précis avec leur catégorie de SSI, le nombre de zones, et qui a rédigé le dossier d’identité. C’est un profil que nous sourçons par approche directe, faute de pouvoir s’appuyer sur un vivier de diplômés identifiable.
Le contrat d’entretien obligatoire, et ce qu’il exige de vos effectifs
Une obligation passe souvent inaperçue et engage directement l’exploitant : « toute installation de détection doit faire l’objet d’un contrat d’entretien avec un installateur qualifié ». Le règlement encadre aussi les conditions de vérification, notamment lors de la première vérification d’une installation neuve ou modifiée, et en cas de changement de la nature des risques de l’établissement.
Pour une entreprise de maintenance, cette obligation est le socle du modèle économique : elle transforme chaque installation livrée en contrat récurrent. Le facteur limitant n’est alors plus commercial mais humain, puisque le volume de contrats qu’un employeur peut signer dépend du nombre de techniciens qualifiés qu’il parvient à recruter et à garder.
Questions fréquentes sur les SSI
L’article MS 53 de l’arrêté du 25 juin 1980 classe les systèmes de sécurité incendie en cinq catégories A, B, C, D et E, « par ordre de sévérité décroissante ». La catégorie A est la plus complète, la E la plus simple. Le règlement pose le classement et renvoie aux normes NF S 61-931 et suivantes pour la composition détaillée de chaque catégorie. La catégorie exigée n’est pas au choix de l’exploitant : elle découle des dispositions particulières applicables au type d’établissement.
La catégorie A comprend un système de détection incendie complet, avec détection automatique et déclencheurs manuels, couplé à un système de mise en sécurité piloté par un CMSI. Elle est associée à un équipement d’alarme de type 1. La catégorie B conserve la mise en sécurité pilotée par un CMSI mais sans détection automatique généralisée : l’alerte provient des déclencheurs manuels, avec un équipement d’alarme de type 2a ou 2b. En pratique, un technicien formé sur du B ne maîtrise pas nécessairement l’exploitation d’un SDI complet.
Le centralisateur de mise en sécurité incendie est l’organe central du SMSI. Il reçoit les informations du système de détection ou des commandes manuelles, puis pilote les dispositifs qui exécutent la mise en sécurité : fermeture des portes coupe-feu, désenfumage, arrêt d’installations techniques, diffusion du signal d’évacuation. C’est l’équipement qui distingue les catégories A et B des catégories inférieures, et savoir l’exploiter est le vrai marqueur d’expérience sur un CV de technicien SSI.
On résume souvent le SSI à trois fonctions : détecter, mettre en sécurité, alerter. Le texte est plus précis. L’article MS 53 énumère cinq fonctions de mise en sécurité : le compartimentage, l’évacuation des personnes avec diffusion du signal et gestion des issues, le désenfumage, l’extinction automatique et la mise à l’arrêt de certaines installations techniques. La détection et la diffusion de l’alarme s’y ajoutent, portées respectivement par le SDI et par l’équipement d’alarme.
L’article MS 62 en compte quatre, et non cinq comme on le lit souvent : les types 1, 2a ou 2b, 3 et 4, par ordre de sécurité décroissante. Seuls les types 1, 2a et 2b comportent une temporisation ; un exploitant qui veut temporiser sur un bâtiment relevant du type 3 ou 4 doit passer au minimum en type 2a. Le type 4 peut être assuré par tout dispositif sonore autonome, jusqu’à une cloche ou un sifflet.
Le règlement de sécurité ne pose pas de règle unique. L’article MS 53 renvoie aux dispositions particulières à chaque type d’établissement, qui précisent la catégorie de SSI exigée. L’obligation dépend donc du type d’ERP (magasin, établissement de soins, hôtel, enseignement…) et de sa catégorie d’effectif, ou du classement en immeuble de grande hauteur. C’est pour cette raison qu’un installateur doit savoir lire le classement d’un établissement avant de dimensionner quoi que ce soit.
Elles couvrent trois phases. En conception : analyse des risques, définition des zones de détection et de mise en sécurité, tableau de corrélation, conseil au maître d’œuvre. En réalisation : suivi des installateurs, animation des réunions de chantier, arbitrage technique entre les intervenants. En réception : essais réels et autocontrôles, rédaction du dossier d’identité du SSI et du procès-verbal de réception, assistance au maître d’ouvrage devant la commission de sécurité.
Aucun, et c’est une information à connaître avant de lancer un recrutement. La fiche « Coordonnateur des systèmes de sécurité incendie » (RNCP30383) est inactive au répertoire national des certifications professionnelles. Les fiches actives au libellé proche concernent d’autres métiers : la RNCP41503 relève de la Marine nationale, la RS5774 vise le coordonnateur SPS des chantiers. Le métier s’apprend donc par l’expérience et par des formations d’organismes, sans titre enregistré à la clé. Le recrutement se fait sur les réalisations, pas sur le diplôme.
Ce sont deux notions distinctes que les candidats confondent souvent en entretien. La catégorie de SSI (A à E) qualifie le système installé dans un bâtiment et son niveau d’exigence. La classe de feu (A, B, C, D, F) qualifie la nature du combustible : la classe A désigne les feux de matériaux solides comme le bois ou le papier, et elle sert à choisir un agent extincteur, pas un système de détection. Un technicien qui répond « les feux de bois » à une question sur la catégorie A n’a pas la culture SSI attendue.
Oui. Le règlement impose que « toute installation de détection doit faire l’objet d’un contrat d’entretien avec un installateur qualifié ». Il encadre également les conditions de vérification, en particulier lors de la première vérification d’une installation neuve ou modifiée, et lorsque la nature des risques de l’établissement change. Pour une entreprise de maintenance, c’est ce qui transforme une installation livrée en revenu récurrent, à condition d’avoir les techniciens pour l’assurer.
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Sources : arrêté du 25 juin 1980, articles MS 53 à MS 69 et article MS 62 ; fiche RNCP30383 (France compétences) ; liste des certifiés services CNPP, effectifs relevés le 2 septembre 2026.



