Quelle convention collective s’applique à une entreprise de chaudronnerie, de soudage ou de maintenance industrielle ?
C’est la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (IDCC 3248), applicable depuis le 1er janvier 2024, qui couvre ces entreprises. Elle a remplacé plus de 70 conventions territoriales et les anciens textes nationaux séparés par catégorie. Une seule convention, une seule grille de salaires, une classification unique en 18 classes d’emplois : pour un employeur, tout a changé en même temps.
Ce guide reprend ce qu’un dirigeant doit savoir pour embaucher et rémunérer correctement en 2026 : le champ d’application, la classification, la grille des minima, et les points où le texte est plus favorable que le Code du travail.
Quelles entreprises relèvent de la convention métallurgie ?
La convention s’applique aux entreprises dont l’activité principale relève de la métallurgie, au sens de l’accord national du 16 janvier 1979. Concrètement, sont couvertes la fabrication et la transformation des métaux, la construction mécanique, électrique et électronique, la chaudronnerie et la tuyauterie industrielle, la maintenance industrielle, ainsi que les activités d’installation et de réparation associées.
Beaucoup d’entreprises du BTP hésitent, car la frontière avec le bâtiment n’est pas toujours évidente. La règle est celle de l’activité principale : une entreprise de charpente métallique qui fabrique en atelier relève généralement de la métallurgie, tandis qu’une entreprise de pose sur chantier peut relever du bâtiment. Les métiers concernés sont notamment ceux de chaudronnier, soudeur, tuyauteur, automaticien et technicien de maintenance industrielle.
Comment fonctionne la classification en 18 classes ?
La nouvelle convention ne classe plus les salariés par catégorie (ouvrier, ETAM, cadre) mais par emploi. Chaque poste est coté selon six critères classants : complexité de l’activité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement et communication. Chaque critère est noté par degrés, et le total détermine la classe.
Le résultat donne 9 groupes d’emplois, de A à I, découpés en 18 classes, de A1 pour les postes les plus simples à I18 pour les fonctions de direction. Une conséquence pratique pour l’employeur : la cotation se fait sur la fiche de poste réelle, pas sur le diplôme ni sur l’ancienneté du salarié. Deux soudeurs de la même entreprise peuvent donc relever de classes différentes selon les responsabilités confiées.
Grille des salaires minima 2026
La convention prévoit une grille unique nationale de salaires minima hiérarchiques (SMH), en montants annuels bruts pour un temps plein, qui a remplacé les anciens barèmes territoriaux.
Montants annuels bruts pour un temps plein (35 h). Colonne de droite : minimum mensuel réellement dû, SMIC compris quand la grille passe en dessous.
| Groupe | Classe | SMH 2026 (annuel brut) | Minimum mensuel applicable |
|---|---|---|---|
| A | 1 | 21 980 € | 1 867,02 € (SMIC) |
| A | 2 | 22 100 € | 1 867,02 € (SMIC) |
| B | 3 | 22 710 € | 1 892,50 € |
| B | 4 | 23 620 € | 1 968,33 € |
| C | 5 | 24 510 € | 2 042,50 € |
| C | 6 | 25 780 € | 2 148,33 € |
| D | 7 | 26 680 € | 2 223,33 € |
| D | 8 | 28 700 € | 2 391,67 € |
| E | 9 | 30 760 € | 2 563,33 € |
| E | 10 | 33 970 € | 2 830,83 € |
| F | 11 | 35 200 € | 2 933,33 € |
| F | 12 | 37 000 € | 3 083,33 € |
| G | 13 | 40 350 € | 3 362,50 € |
| G | 14 | 44 250 € | 3 687,50 € |
| H | 15 | 47 380 € | 3 948,33 € |
| H | 16 | 52 370 € | 4 364,17 € |
| I | 17 | 59 720 € | 4 976,67 € |
| I | 18 | 68 450 € | 5 704,17 € |
Les débutants du groupe F relèvent d’un barème spécifique, plus bas les deux premières années :
| Classe | Moins de 2 ans d’expérience | De 2 à moins de 4 ans | De 4 à 6 ans |
|---|---|---|---|
| 11 | 28 430 € | 29 852 € | 32 240 € |
| 12 | 29 940 € | 31 437 € | 33 952 € |
Le piège des premières classes : le SMIC passe devant
C’est le point que beaucoup d’employeurs manquent. Le SMIC annuel brut s’établit à 22 404 € depuis la revalorisation du 1er juin 2026, soit 1 867,02 € par mois pour 35 heures. Or les minima des classes A1 (21 980 €) et A2 (22 100 €) sont inférieurs à ce montant.
Dans ce cas, la règle est simple : c’est le SMIC qui s’applique, car un minimum conventionnel ne peut jamais être inférieur au salaire minimum légal. Un employeur qui embaucherait au SMH affiché en classe A1 serait donc en infraction. En pratique, les postes d’entrée doivent être payés au moins au SMIC, quel que soit le chiffre de la grille.
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Les points où la convention est plus favorable que le Code du travail
La période d’essai. Elle est fixée par groupe d’emplois : deux mois non renouvelables pour les groupes A et B, avec des durées croissantes pour les groupes supérieurs, jusqu’aux cadres. Elle ne se calcule donc plus selon le statut ouvrier ou cadre, mais selon la classe de l’emploi.
Le préavis. Deux semaines pour les groupes A et B, un mois pour le groupe C, deux mois pour les groupes D et E, trois mois à partir du groupe F. Les durées peuvent être allongées selon l’ancienneté.
L’indemnité de licenciement. Elle est plus favorable que le minimum légal : un quart de mois de salaire par année pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année au-delà.
La protection sociale. La branche impose un socle minimal de prévoyance depuis 2023 : capital décès, rente éducation, incapacité de travail et invalidité, avec une participation employeur définie par la convention.
Métallurgie ou bâtiment : ce qui change pour l’employeur
Les deux conventions ne se ressemblent pas. Le bâtiment classe encore ses salariés par catégorie (ouvriers, ETAM, cadres) et par niveau, avec des grilles régionales : en Île-de-France, les minima diffèrent de ceux d’une autre région. La métallurgie, elle, applique une grille nationale unique et raisonne par emploi coté.
Autre différence de taille : le bâtiment prévoit des indemnités propres au chantier, comme les paniers, les trajets et le grand déplacement, ainsi que le régime du chômage intempéries, qui n’existe pas en métallurgie. Une entreprise qui bascule d’une convention à l’autre, ou qui emploie sur les deux, doit donc revoir entièrement sa structure de paie.
Questions fréquentes sur la convention collective de la métallurgie
Le numéro IDCC de la convention collective de la métallurgie est le 3248. Il correspond à la convention collective nationale du 7 février 2022, étendue par arrêté du 14 décembre 2022 et applicable depuis le 1er janvier 2024. Ce numéro unique a remplacé les identifiants des anciennes conventions territoriales et des textes nationaux séparés pour les ingénieurs et cadres. C’est ce code qui doit figurer sur les bulletins de paie des entreprises de la branche.
Pour classer un salarié, l’employeur cote l’emploi et non la personne. Il évalue la fiche de poste réelle selon six critères classants : complexité de l’activité, connaissances requises, autonomie, contribution, encadrement et communication. Chaque critère reçoit un degré, et le total des points détermine la classe d’emploi, de A1 à I18. Ni le diplôme, ni l’ancienneté, ni le statut antérieur du salarié n’entrent dans le calcul. Une fiche de poste précise est donc indispensable avant toute embauche.
Le salaire minimum en métallurgie dépend de la classe d’emploi : la grille nationale 2026 va de 21 980 € bruts annuels en classe A1 à 68 450 € en classe I18. Attention : les minima des classes A1 et A2 sont inférieurs au SMIC annuel, fixé à 22 404 € depuis le 1er juin 2026. Dans ce cas, c’est le SMIC qui s’applique, car aucun minimum conventionnel ne peut lui être inférieur. Les postes d’entrée doivent donc être payés au moins au SMIC.
Une entreprise de charpente métallique relève de la métallurgie ou du bâtiment selon son activité principale, pas selon son code NAF seul. Une société qui fabrique des structures en atelier relève en général de la métallurgie, tandis qu’une entreprise dont l’essentiel de l’activité consiste à monter et poser sur chantier peut relever du bâtiment. En cas de doute, la vérification se fait à partir de l’accord national du 16 janvier 1979 sur le champ d’application, et il est prudent de faire confirmer le rattachement par un conseil, car il détermine la paie, la classification et la protection sociale.
La différence tient à la structure et au périmètre. La métallurgie applique une grille nationale unique et classe les salariés par emploi coté, de A1 à I18. Le bâtiment conserve les catégories ouvriers, ETAM et cadres, avec des grilles régionales et des indemnités propres au chantier : paniers, trajets, grand déplacement et chômage intempéries, qui n’existent pas en métallurgie. Une entreprise employant sous les deux conventions doit donc gérer deux logiques de paie distinctes.
La nouvelle convention collective de la métallurgie ne reprend pas de prime d’ancienneté obligatoire de portée générale comme le faisaient certains anciens accords territoriaux. L’ancienneté reste prise en compte ailleurs : dans les durées de préavis et dans l’indemnité de licenciement, plus favorable que le minimum légal. Les entreprises qui versaient une prime d’ancienneté au titre d’un ancien texte territorial doivent vérifier le sort de cet avantage dans leur situation particulière, car il peut avoir été maintenu par accord ou par usage.
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